L’histoire du marronnage occupe une place de choix dans l’histoire d’Haïti, la première République noire. Aujourd’hui encore, elle soulève des questions mémorielles très sensibles. Pourtant, les sources de cette histoire sont encore très mal connues et souvent inaccessibles au grand public. C’est le cas des annonces de fuite publiées dans le principal journal de la colonie, les Affiches américaines, entre 1766 et 1790.

Source raciste et dévalorisante qui parle de l’esclave comme s’il était un simple objet perdu ou un animal égaré, l’annonce de fuite est pourtant une source des plus importantes pour comprendre la façon dont les esclaves de la colonie de Saint-Domingue se réappropriait leur corps et affirmait leur droit à la dignité, même temporairement.

Les historiens qui écrivent l’histoire de l’esclavage – et plus généralement des opprimés et des marginaux – n’ont d’autre choix que de travailler sur des sources écrites par les maîtres et de déconstruire l’idéologie raciale qui les sous-tend. Ce sont souvent les seules traces qui nous restent pour parler de ceux et celles qui refusèrent la déshumanisation de l’esclavage.

Que saurait-on de Narcisse s’il ne restait cette annonce parue en juin 1776 ?
Plus de 10 000 esclaves comme lui sont décrits dans le principal journal de la colonie, qui deviendra en 1804 Haïti. Ce site leur redonne vie pour la première fois.

Initiative inédite portée par le Groupe d'histoire de l'Atlantique Français (McGill University, Mellon Foundation) en collaboration financière avec la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Sherbrooke, « Le marronnage à Saint-Domingue (Haïti) » est un projet d'interface électronique dont l'objectif principal est de participer au décloisonnement des archives de l'esclavage dans le monde atlantique français.
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Idée originale de Jean-Pierre Le Glaunec,
ce projet est réalisé en collaboration
avec Léon Robichaud.
La maquette graphique a été conçue
par Paquin Design.

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